L'identité nationale : quezako ? par Zohra Guerraoui

L'identité nationale : quezako ? par Zohra Guerraoui
Eric Besson nous demande de définir ce qu'est "être français". Quelle gageure ! Peut-on définir une réalité aussi mouvante que l'identité nationale, cet ensemble de valeurs partagées par les individus appartenant à un même pays ? En le faisant ne risquons-nous pas de la figer, voire de la rigidifier ?



Dans le cas français, cette identité est associée aux valeurs républicaines, dont l'emblématique laïcité. Héritière d'une histoire mouvementée entre la monarchie et la république, entre le pouvoir politique et l'Eglise, prenant appui sur la philosophie des Lumières, elle se cristallise autour d'une représentation idéale du citoyen : celle d'un individu libéré de l'obscurantisme, porté par le progrès et les valeurs d'égalité, de liberté, de fraternité, défenseur des droits de l'Homme. Ainsi, l'identité nationale française s'enracinerait dans des valeurs universelles, respectueuses de la dignité de l'homme, et qui de ce fait ne peuvent que susciter l'adhésion de tous. Mais qu'en est-il dans la réalité ?




Aussi nobles soient ces valeurs, il ne faut pas oublier qu'elles se sont souvent imposées par la violence à différentes périodes de l'histoire de France : Révolution de 1789, Séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, 3ème République avec la volonté d'éradication des cultures régionales. Leur intériorisation est jugée nécessaire pour construire l'unité nationale. Toute autre valeur ne convergeant pas vers cet idéal républicain est combattue.



La politique d'assimilation doit prévaloir.



Tous ces hommes et ces femmes appartenant à différentes régions françaises ou venant des quatre coins du monde doivent se reconnaître comme appartenant à un même pays, comme concitoyens. Ils doivent se fondre dans un même moule culturel. Car ne nous y trompons pas, derrière l'identité nationale, nous parlons aussi d'identité culturelle et donc d'une certaine conception de l'homme. Et justement, aujourd'hui, ce qui est implicitement sous-tendu par Eric Besson est que la diversité culturelle, réalité de la France, est un danger pour l'identité française et donc pour l'unité nationale.



Cette diversité est d'autant plus perçue comme menaçante qu'elle ne se limite plus aux populations européennes chrétiennes. En effet, le discours récurrent est que les valeurs portées par les populations migrantes extra-européennes sont incompatibles avec les valeurs républicaines. Partant de là, elles sont jugées inassimilables. Une position qui fait la part belle à l'idéologie de choc des civilisations (S.P. Huntington), qui pose la rencontre entre cultures comme un affrontement, chacune cherchant à anéantir l'autre afin de s'imposer.



Or que nous disent les études portant sur les rencontres interculturelles ? Que toute rencontre se traduit par du paradoxe alliant ouverture et fermeture, assimilation et différenciation, transformation et maintien de l'identité de chacun ; qu'elle génère aussi, par synthèse originale des éléments culturels des uns et des autres, la création de nouvelles réalités culturelles englobant leurs apports réinterprétés (Clanet).

En quoi cette approche nous aide-t-elle à penser la question de l'identité nationale ? En ce qu'elle souligne que les identités se construisent dans des cultures continuellement modifiées dans ce jeu incessant de constructions actives, et surtout interactives de la part des individus qui les partagent. Des cultures-processus qui seraient le résultat de co-constructions intersubjectives.



Ainsi donc, les personnes d'origines étrangères ne s'assimilent pas à la culture de l'autochtone, mais à une culture qu'elles ont elles-mêmes contribué à façonner, à partir de leur propre dynamique subjective, de leurs expériences existentielles, de leur créativité. Mais ce que laisse entendre aussi cette approche est que les identités, qui, aujourd'hui, se (re)structurent dans la diversité culturelle, ne peuvent être appréhendées comme unes et indivisibles (Morin). Ce sont des identités plurielles (Clanet), des identités composites (Glissant ; Laplantine), qui s'inscrivent non dans l'enracinement mais dans la relation (Glissant).




"Nous sommes tous des êtres poly-identitaires" écrivait Morin en 1987. Affirmation qui trouve un écho dans notre monde culturellement hétérogène. L'homme moderne, être composite, appartient à plusieurs groupes, dont aucun ne suffit à le définir. Il est cet "être tissé de fils de toutes les couleurs" (Maalouf ). La France d'aujourd'hui est métissée, elle se nourrit des apports des uns et des autres, et les jeunes l'ont bien compris en réinventant leur langage et leur musique. L'identité nationale ne peut être substantialisée, elle procède d'un ajustement continuel et se reconstruit inlassablement dans le changement et la continuité.



La capacité d'un pays à intégrer la différence est gage de stabilité mais encore faut-il que celui-ci accepte l'altérité. Encore faut-il que cet autre ne soit pas stigmatisé. Encore faut-il que cet autre ne soit pas désigné comme la cause de tous les maux que traversent le pays et surtout comme venant mettre à mal la pureté du groupe qui, dans un réflexe défensif, fonctionne sur le fantasme d'une origine à reproduire à l'infini.




Filiation et affiliation ne doivent pas être pensées comme s'excluant mais comme complémentaires. Se sentir d'ici et d'ailleurs est le lot d'une grande partie de l'humanité. Considérons-le comme une richesse et non comme un handicap. Ne laissons pas croire à ces millions de français venus d'ailleurs qu'ils ne sont pas d'ici. Ne brisons pas leur désir d'affiliation au groupe national en les renvoyant à leur filiation.



Je terminerai en citant E. Glissant : "Un pays est ouvert s'il n'érige pas ses propres valeurs en valeurs universelles mais essaye de faire la synthèse entre ses valeurs et les valeurs de l'autre"



Zohra Guerraoui, MCF de Psychologie interculturelle Université Toulouse 2


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:36

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:33

Les atouts oubliés de la France, par Patrick Lozès

Les atouts oubliés de la France, par Patrick Lozès
On prétend que Clemenceau aurait dit : "Quand la maison brûle, on ne regarde pas qui passe les seaux d'eau."



La France dispose avec sa diversité d'atouts considérables. Elle a le monde chez elle. Le paradoxe, c'est qu'elle ne se sert pas de ces atouts pour conquérir l'économie mondiale
.



D'après un sondage publié en avril 2009 par l'institut CSA, à la question "Avez-vous déjà envisagé de créer votre entreprise ?", 49 % des Français des minorités visibles répondent "oui". Ce chiffre monte à 59 % parmi les moins de 30 ans. Ce dynamisme montre que, contrairement à ce que l'on entend parfois, les minorités visibles sont une chance pour l'économie française. Elles sont un levier de la croissance économique.



Les Etats-Unis, pour ne prendre qu'un seul exemple, l'ont compris. Aux Etats-Unis, la diversité est développée par la Minority Business Development Agency, l'Agence pour le développement du commerce des minorités
.



Le jour de sa création, le 5 mars 1969, Richard Nixon, un président républicain, a expliqué que la MBDA répondait : "Au besoin de stimuler particulièrement ces entreprises qui peuvent donner aux membres des groupes minoritaires confiance dans le fait que les opportunités ne sont pas fermées, ni limitées, pour eux, dans notre pays."




Cette politique a connu un succès phénoménal. De 100 000 entreprises détenues par les minorités en 1969, les Etats-Unis sont passés à 800 000 en 1980, puis à 3 millions en 1997. On estime aujourd'hui à 4,7 millions le nombre d'entreprises détenues par les minorités, soit plus de 20 % des entreprises du pays, pour un chiffre d'affaires de 495 milliards de dollars, en croissance de 343 % sur 10 ans. Le pouvoir d'achat des minorités visibles aux Etats-Unis est estimé, de son côté, à 1 trillion de dollars.


Selon la MBDA, si le taux de création d'entreprise au sein de la population générale était égal à celui des minorités, on créerait 16 millions d'emplois supplémentaires, générant 2,5 trillions de dollars de chiffres d'affaires, ce qui se traduirait par 100 milliards de dollars supplémentaires de recettes pour l'Etat.

Il est urgent de prendre conscience de ces enjeux, en France.



La diversité française, ce sont des millions d'enfants bilingues, disposant de plusieurs codes culturels et motivés. Ces enfants sont un atout pour la conquête de marchés extérieurs et pour l'exportation française. Ils sont un levier pour relancer la croissance. Ils pourraient être notre avenir.

La diversité constitue une priorité en temps de crise, précisément parce qu'elle permet d'en sortir. Alors pourquoi ne l'exploitons-nous pas ? Pourquoi tolérons-nous que des milliers de projets de création d'entreprise portés par les Français des minorités visibles ne voient pas le jour, chaque année, faute de pouvoir obtenir des prêts bancaires, faute de formation professionnelle, ou faute de réseaux ?




Pourquoi tolérons-nous qu'un très grand nombre de Français de la diversité soient contraints de s'expatrier, chaque année, pour pouvoir trouver un travail ou pour créer leur entreprise ?



Il n'est pas acceptable que ces Français, ces bac + 5 ou + 6 en finances, en commerce ou en marketing, enrichissent, à l'heure où nous écrivons ces lignes, les économies américaine, anglaise, ou australienne. Des économies qui ne s'arrêtent pas à la couleur de leur peau ni à leur nom de famille ni à leur origine géographique. Des économies qui les embauchent ou qui financent leurs projets, sur la base de leurs seules compétences. Nous avons su former ces jeunes. Pourquoi ne savons-nous pas les retenir ?




Il est temps de dire, également, que les minorités visibles constituent un marché. Un continent inexploré en termes de consommation ou de marketing, pour les entreprises françaises. Arrêtons de nous mettre la tête dans le sable. Et disons-le : oui, on peut faire du marketing pour les minorités visibles, oui, on peut développer des produits pour les minorités visibles. Non seulement, nous pouvons le faire, mais nous devons le faire.


Des succès comme celui du pansement couleur chair, spécialement adapté aux minorités, doivent nous faire réfléchir. Un pansement couleur chair ne doit pas avoir la même couleur pour un Blanc que pour un Noir. C'est une évidence.






Et pourquoi ne voit-on jamais de Noirs, d'Arabo-maghrébins ou d'Asiatiques prendre leur petit déjeuner en famille, dans les publicités françaises, pour vanter une marque de café ou de cornflakes ?


Les Français des minorités visibles ne sont-ils pas, eux aussi, des consommateurs ? Si, bien sûr que si. Alors, qu'attendons-nous ?

Pour sortir de cette situation, nous proposons un plan à quatre étages.




Nous proposons, tout d'abord, la création d'une agence d'information et de promotion de l'emploi et de la création d'entreprise au sein des ZUS (zones urbaines sensibles). Elle sera multilingue, formée aux difficultés spécifiques des habitants des ZUS, et centralisera toute l'information disponible sur les dispositifs, publics et privés, facilitant le retour à l'emploi ou la création d'entreprise. Elle complétera l'action du Pôle emploi et de l'APCE, sur le terrain de la diversité.




Nous proposons, ensuite, la création d'un fonds d'investissement public, baptisé France Diversité, orienté vers le financement des entreprises et des commerces créées dans les ZUS.




Nous proposons, en troisième lieu, la création d'une agence nationale de la lutte contre les discriminations, dotée d'un corps d'inspecteurs, disposant d'un pouvoir d'investigation et de sanction.




Nous proposons, enfin, que la politique publique en matière de diversité soit rassemblée dans un seul ministère de la diversité économique, au lieu d'être éparpillée, comme c'est le cas aujourd'hui, entre un très grand nombre d'administrations et de ministères.

Une politique active en faveur de la diversité économique dopera la consommation et l'économie françaises. Nos entreprises, notre commerce extérieur, l'emploi, et les finances publiques en bénéficieront. La France en bénéficiera.



Patrick Lozès, président du CRAN, sera auditionné le 18 novembre par la Commission dite de l'emprunt national, coprésidée par MM. Alain Juppé et Michel Rocard.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:39

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:35

Des gendarmes accusent leur hiérarchie de racisme

Des gendarmes accusent leur hiérarchie de racisme
Six gendarmes mobiles appartenant au groupement blindé de Satory, dans les Yvelines ont envoyé un courrier à la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Ces six militaires, d'origine maghrébine ou africaine, auraient été victimes à maintes reprises de propos racistes et d'humiliations répétées de la part de leur hiérarchie. Une affaire révélée par Le Parisien.

Selon l'avis de saisine, un de ces gendarmes aurait ainsi été "maintes fois" appelé "bougnoule" par le commandant de l'unité qui lui rappelle également, qu'il est le "quota" du secrétariat. Deux autres gendarmes, d'origine maghrébine et de confession musulmane, affirment eux aussi avoir été l'objet d'"humiliations" au cours de séances de remises de galons. Toujours selon cet avis de saisine, les gendarmes plaignants se disent en outre victimes de discriminations notamment dans leurs “notations administratives singulièrement basses, ce qui a pour conséquence de retarder, voire de rendre impossible toute évolution de carrière”.


Ces six gendarmes ont mandaté leur avocat, Me Joseph Cohen-Sabban, pour saisir la Halde en vue de l'ouverture d'une enquête
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:51

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:36

Le bâtonnier de Paris s'indigne de la garde à vue d'une avocate

Le bâtonnier de Paris s'indigne de la garde à vue d'une avocate



PARIS (Reuters) - Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris Christian Charrière-Bournazel s'est indigné lundi soir du placement en garde à vue d'une avocate dont il juge les conditions dégradantes
.




Une source judiciaire a confirmé à Reuters cette garde à vue en précisant que l'avocate était mise en cause car elle aurait prévenu de démarches policières le complice d'un trafiquant de drogue présumé.




Christian Charrière-Bournazel, bâtonnier, a raconté sur France Info que Caroline Wassermann, connue notamment pour avoir défendu un temps l'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel, avait été convoquée au commissariat de Meaux (Seine-et-Marne) sous le prétexte d'un problème personnel.




"Elle a été menottée,

elle a été mise nue, on lui a mis un doigt dans l'anus. On la traite comme la dernière des dernières des dernières au mépris du respect de la personne humaine le plus élémentaire", a dit Christian Charrière-Bournazel.


Le bâtonnier a menacé de déposer une plainte pénale contre les policiers et le parquet.




Selon une source judiciaire, Caroline Wassermann est mise en cause pour avoir alerté par téléphone de possibles démarches policières un complice d'un de ses clients, juste après la mise en examen de ce dernier pour trafic de drogue
.



La police a immédiatement eu connaissance de cette démarche car le complice en question était sur écoute téléphonique. Caroline Wassermann devait être mise en examen lundi soir après sa garde à vue.


Une précédente affaire du même type avait mis le feu aux poudres entre les avocats, corporation influente, et le pouvoir politique en 2005.


Deux avocats toulousains, France Moulin et Michel Dublanche, avaient été incarcérés car ils étaient soupçonnés d'avoir prévenu des proches de leur client de l'évolution d'un dossier.




Ils étaient mis en cause pour une infraction créée par le gouvernement en 2004, la "divulgation d'informations issues d'un dossier d'instruction de nature à entraver le déroulement des investigations".



Le tumulte provoqué par cette affaire avait amené le ministre de la Justice de l'époque, Pascal Clément, à assouplir à l'automne 2005 le régime de sanction de cette infraction.


Thierry Lévêque
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:40

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:37

France-Afrique: Paris renoue avec ses vieilles habitudes

France-Afrique: Paris renoue avec ses vieilles habitudes
e "sacre", vendredi 16 septembre à Libreville, du fils du plus ancien et du plus trouble des alliés de la France en Afrique, Omar Bongo, est tout un symbole.

L'investiture d'Ali Bongo coïncide avec la discrète réorientation de la politique de Paris vis-à-vis du continent africain. Cette fois-ci, aucun discours de Nicolas Sarkozy n'aura annoncé le vent nouveau. Ni celui de la rupture avec la Françafrique chiraquienne, comme à Cotonou en mai 2006, ni celui de la sincérité provocante, comme à Dakar en juillet 2007. Une inflexion de la politique africaine de la France vient de se négocier dans le silence feutré de l'Elysée, sans envolée lyrique ni médiatisation. Longtemps brandie par le président, la volonté de rénovation du tête-à-tête usé entre Paris et ses anciennes colonies a fait long feu.
L'heure est au retour aux mauvaises vieilles habitudes : poids des émissaires officieux, priorité absolue aux intérêts économiques et stratégiques de la France sur les exigences démocratiques et les revendications des sociétés africaines. Loin des velléités de banalisation, l'Afrique redevient un domaine ultra-réservé au plus haut sommet de l'exécutif.


Discret, le tournant n'a pas été pris en un jour. Il coïncide pourtant avec un événement hautement symbolique : l'élection, bénie par la France, d'Ali Bongo, le 30 août.


Pur hasard ? La veille du scrutin gabonais, une autre nouvelle significative avait filtré : le départ pour l'ambassade de France au Maroc de Bruno Joubert, conseiller de Nicolas Sarkozy, chargé de l'Afrique et figure de proue des "rénovateurs" de la présidence. Ceux précisément qui avaient manoeuvré en mai 2007 pour griller la politesse à Omar Bongo alors qu'il exigeait d'être le premier chef d'Etat africain à être reçu par le nouveau président français. A sa grande surprise, la première femme élue démocratiquement à la tête d'un Etat africain, la Libérienne Helen Johnson Sirleaf, de passage à Paris, avait alors eu les honneurs de l'Elysée avec vingt-quatre heures d'avance sur le vieil autocrate gabonais. Un symbole prometteur.
"Bruno Joubert n'a pas été débarqué, assure aujourd'hui un haut diplomate, mais son remplacement aura des conséquences importantes. Jusque-là, Sarkozy marchait sur deux pieds en Afrique (la diplomatie traditionnelle personnifiée par Bruno Joubert, équilibrant le poids des émissaires officieux qui rendent compte à Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée). Désormais, il risque de boiter.
"

Notoirement agacé par les interventions de l'avocat Robert Bourgi, l'un de ces missi dominici officieux de la présidence, Bruno Joubert affirme que ce dernier "n'a pas cessé de jouer à contre-pied de ce qu'est la politique française" en Afrique. "Ses interventions ne m'ont pas fait diverger et j'ai toujours agi avec l'accord du président de la République", assure-t-il cependant.
Le départ du diplomate ne peut que réjouir M. Bourgi, qui doit savourer l'événement, mais en silence : l'Elysée lui a demandé de se faire discret après ses tonitruantes prises de position en faveur d'Ali Bongo.
Sur le dossier gabonais, M. Bourgi a gagné : en dépit d'un scrutin suspect et de pratiques financières désastreuses pour la population, il n'est plus question pour la France de prendre ses distances avec le régime gabonais. Tout en répétant que "la France n'a pas de candidat", l'exécutif français a tout fait pour favoriser l'élection d'Ali Bongo.


L'équipée secrète d'Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, récemment révélée par l'hebdomadaire Jeune Afrique, en témoigne. Une semaine avant le vote du 30 août, M. Joyandet, qui a succédé en mars 2008 à Jean-Marie Bockel limogé sous la pression d'Omar Bongo, s'était discrètement rendu en Guinée équatoriale. Dans ce pays pétrolier limitrophe du Gabon, le secrétaire d'Etat, dépêché par l'Elysée, a plaidé la cause d'Ali Bongo, qu'un conflit frontalier oppose au président équato-guinéen Teodoro Obiang. A ce dernier, M. Joyandet a demandé - en vain - de cesser son soutien financier à la campagne d'André Mba Obame, l'un des principaux opposants de Bongo junior. M. Mba Obame, qui estime que la victoire lui a été volée, observe aujourd'hui une grève de la faim pour protester contre ce qu'il appelle un "putsch électoral".

Alain Joyandet, avant de s'envoler pour Libreville où il représentait la France, vendredi, à la cérémonie d'investiture, a poussé loin le service après vente en faveur d'Ali Bongo. Il convient de lui "laisser le temps de démontrer qu'il peut être un président de rupture", a-t-il déclaré, déchaînant la colère des opposants.
La succession d'Omar Bongo n'a fait que mettre en lumière le maintien en odeur de sainteté de tous les potentats "amis de la France" et la fin de la prétention de M. Sarkozy à leur "parler franchement". Elle a aussi révélé le rôle non négligeable joué par Robert Bourgi. La porte de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, n'est jamais fermée à cet héritier des réseaux gaullistes, lobbyiste actif en faveur de son client Ali Bongo.


A l'évidence, l'axe Joyandet-Bourgi, sous la houlette de Claude Guéant, a pris la main sur la cellule diplomatique, affaiblie par le départ de Bruno Joubert. M. Guéant, ancien préfet de Franche-Comté, est d'ailleurs une vieille connaissance d'Alain Joyandet, élu de Haute-Saône et candidat à la présidence de la région.

Le profil d'André Parant, successeur de Bruno Joubert à la tête de la cellule africaine de l'Elysée (forte de deux autres diplomates), renforce cette analyse. Propulsé dans ce saint des saints sans grande expérience africaine (un passage à la coopération à Bangui puis Paris et deux années d'ambassade à Dakar), le nouveau "M. Afrique" de l'Elysée se présente comme un homme "de synthèse, non dogmatique", conscient du "principe de réalité ", là où M. Joubert prétendait avoir toujours pour feuille de route le discours rénovateur de Cotonou. "Quelqu'un de solide, qui ne fera pas de vagues", résume un proche.

La prééminence de Claude Guéant est désormais totale, au moins pour les dossiers concernant l'ancien "pré carré" français, les plus sensibles politiquement. "Nicolas Sarkozy n'a pas de politique africaine, analyse un diplomate. Il considère qu'il n'y a que des coups à prendre et a délégué la question à Claude Guéant que le continent amuse." Un autre haut fonctionnaire constate : "Le secrétaire général de la présidence a désormais la haute main à la fois sur les questions africaines et sur celles de renseignement. Comme du temps de Jacques Foccart (secrétaire général de l'Elysée sous De Gaulle)."

Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 17.10.09
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:44

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:39

Sarkozy et la Rupture : Beaux discours, les réseaux France-Afrique toujours aussi actives !

Sarkozy et la Rupture : Beaux discours, les réseaux France-Afrique toujours aussi actives !
Loin des discours à Dakar, des discours de campagne, le réseau et le trafic d'influence est toujours d'actualité. Récit d'un monde qu'aucun grand média français ose aborder.

Nicolas sarkozy a ravivé la cellule africaine de l'Elysée. Il aurait pu la dissoudre mais loin de la rupture, il préfère la continuité. Il préfère soutenir les dictatures et les entreprises qui pillent les entreprises comme Total (ex Elf), Areva pour le pillage des richesses minières (achat des produits miniers à des prix 3 à 5 fois inférieurs aux prix officiels) .

Le Réseau France-Afrique

Le réseau France-Afrique est née sous De Gaulle par son sulfureux conseilleur politique Jacques Foccart. Il créa les réseaux françafricains sous fort proche des président-démocrates tel le Gabonais Omar Bongo, le Congolais Denis Sassou Nguesso, l'Ivoirien Laurent Gbagbo ou feu Mobutu.
A travers ce réseau, Foccart joue les entremetteurs entre la présidence française et les potentats africains pour permettre une guerre des réseaux latente. Robert Bourgi est formé par Foccart et à la mort de ce dernier, Bourgi s'auto proclame héritier de Foccart.





Bourgi, l'architecte de la France-Afrique, dans la poche deSarko




Robert Bourgi est un homme de l'ombre.


Formé à la politique africaine par Jacques Foccart, grand architecte de la Françafrique, ancien conseiller de feu Mobutu, Bourgi est toujours proche du président Omar Bongo (Président du Gabon), le sirupeux avocat compte bien jouer cette carte auprès du prétendant à l'Elysée, qui n'a d'yeux que pour le vieil Omar.


A son ralliement à Sarkozy, le conseiller diplomatique de Sarko, David Martinon soulignait sa méfiance à Bourgi en faisant savoir. « Je suis diplomate, il est avocat, on ne fait pas le même métier ». Il est des accueils plus chaleureux. C'est sans doute Bourgi qui a mis Sassou dans un avion pour Paris et invité Mandela à un séjour spécial avec Nicolas Sarkozy.

Le 27 septembre dernier, l'avocat parisien s'est vu remettre l'insigne de chevalier de la Légion d'Honneur par le bon président Sarkozy lui-même.


La France-Afrique version Sarko

Même adresse, mêmes secrétaires, mais nouveaux titulaires. Bruno Joubert est le successeur officiel de Foccart. Ce dernier a pour principal collaborateur le « Centrafricain » Rémi Maréchaux.
Bruno Joubert, cinquante-six ans, diplômé de l'IEP de Paris, ancien élève de l'ENA. Le nouveau « monsieur Afrique » de l'Elysée est un spécialiste du continent : il a en effet été directeur d'Afrique au Quai d'Orsay sous Villepin. Et il a également travaillé à la DGSE : tout un programme
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 08:32

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:42

Afrique - pillages, massacres et misère : Stop Françafrique.

Afrique - pillages, massacres et misère : Stop Françafrique.
Les coullise de la misère


Vous avez sans doute entendu parler du génocide sur les Tutsis au Rwanda, de guerres atroces (enfants-soldats au Libéria, congo, ex-Zaïre...) et des dictatures qui secouent le continent africain.

Pourquoi le gouvernement français a-t-il en connaissance de cause, continué de financer les auteurs du généocide du Rwanda ? Comment les responsables politiques français, qui se réclament des droits de l' Homme, peuvent-ils en arriver à mettre en place ou financer des régimes aussi abominables - Tchad, Congo-Brazzaville, Cameroun, Mauritanie... ?

A qui profite le crime ?


La Françafrique, c' est une infime minorité de Français qui, aidés au plus haut niveau de l' état, pillent les richesses des ex-colonies françaises en Afrique, en utilisant l' argent public et ce au mépris de millions de vies humaines.

C' est le plus long scandale de la République française.

De nombreux politiciens et partis politiques, des hauts cadres et actionnaires de multinationales françaises ( Elf-TotalFina, Bolloré, Bouygues...) certains militaires, les dictateurs et leur entourage, les marchands d' armes : en bref, ce sont des réseaux bien organisés qui disposent de nombreux relais dans les médias. Des centaines de milliars détournés en 47 ans.


Découvrez en cliquant sur chaques pays, ce mécanisme synonyme de misère et de mort.

Découvrez comment quelques centaines de personnes s' enrichissent sur le dos d' un continent en soutenant un génocide, des guerres, tortures, en organisant le détournement de l' aide publique au développement.
www.stop-francafrique.com

Ces informations sont en majorité tirées des ouvrages de François-Xavier Verschave : La françafrique, Noir silence, Noir Chirac www.survie-france.org



Revendications du Sommet citoyen France - Afrique pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente.

Survie, communiqué, le 13 février 2007.


A l'occasion du 24ème Sommet des Chefs d'État d'Afrique et de France à Cannes les 15 et 16 février 2007, un grand nombre de dictateurs viendront, dans la tradition des sommets franco-africains, s'assurer du soutien de la diplomatie française.


Convaincues que les relations franco-africaines constituent un sujet qui ne saurait se limiter à un rendez-vous diplomatique de ce genre, des organisations françaises organisent un Sommet citoyen France-Afrique du 11 au 16 février, avec notamment un colloque international de deux jours à Paris (12 - 13 fév).


Des sujets souvent occultés mais ô combien cruciaux ont été abordés lors de ce colloque : le soutien de la France aux dictatures, le pillage des ressources naturelles du continent, l'aide au développement dévoyée, les causes politiques et économiques de l'immigration, etc.


Durant ce Colloque, auquel ont participé des personnalités importantes de la société civile africaine, des revendications concrètes ont été élaborées dans le but d'interpeller les partis politiques et les candidats aux élections présidentielle et législatives de 2007 en France. En attendant la publication des actes du colloque, les organisations françaises et africaines du Sommet citoyen France-Afrique demandent d'ores et déjà aux candidats de s'engager, entre autres, à :

- Reconnaître les aspects négatifs de la colonisation française en Afrique et l'échec des politiques françaises de coopération depuis les indépendances.

- Rendre transparente la politique de la France en Afrique :

Par l'instauration d'un contrôle parlementaire et citoyen de la politique française en Afrique ;

Par l'instauration d'un vote à l'Assemblée nationale pour toute signature d'accords de défense et toute intervention militaire de la France en Afrique ;


Par la publication des accords militaires et de défense liant la France et certains pays africains ;

Par la suppression de la cellule Afrique de l'Elysée, qui agit en toute opacité et en dehors de tout contrôle démocratique, afin de mettre un terme à la politique du "domaine réservé".



Cesser l'ingérence de la France en Afrique et à promouvoir la démocratie :

Par la suppression des bases militaires françaises sur le continent africain ;

Par la suspension des interventions militaires bilatérales de la France en Afrique sans mandat de l'ONU ;

En conditionnant la coopération française au respect de l'État de droit et du principe de la gouvernance démocratique par les États africains ;


En favorisant la supervision des processus électoraux en Afrique par l'ONU ;

En impliquant les organisations des sociétés civiles africaine et française dans l'élaboration de la politique française de coopération.



Instaurer des règles internationales commerciales et économiques transparentes et bénéficiant à toutes les populations africaines :

En demandant à l'Union européenne la suspension des négociations sur les accords de partenariat économique (APE) ;


En obligeant les entreprises françaises opérant en Afrique à respecter les normes environnementales et sociales et à publier ce qu'elles versent aux États africains ;

En améliorant les dispositifs juridiques pour permettre une justiciabilité effective des entreprises françaises pour des actes commis dans les pays où elles opèrent ;


Favoriser les flux financiers en faveur du développement effectif des populations africaines notamment :

Par l'audit et l'annulation de la dette publique des États africains ;

Par la saisie et la restitution des biens mal-acquis et des avoirs détournés par certains dirigeants africains ;


Par une réorientation massive de l'aide publique au développement en faveur d'un accès universel aux services de base et d'un soutien fort aux sociétés civiles dans la construction des Etats de droit.


Mettre un terme aux politiques répressives et sélectives de l'immigration :

Par la remise en cause des visas de court séjour ;

Par la ratification par la France de la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille ;

Par la dépénalisation du séjour irrégulier des migrants. Les organisations présentes au Sommet Citoyen tiennent à manifester leur soutien à la société civile guinéenne qui lutte tragiquement pour sa dignité, le respect de ses droits et l'instauration d'un régime véritablement démocratique.


- Source : Survie France www.survie-france.org

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 06:30

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:45

Matières premières : les États-Unis à nouveau très intéressés par l'Afrique, par Tony Busselen.

Matières premières : les États-Unis à nouveau très intéressés par l’Afrique, par Tony Busselen.
Pour fin septembre 2008, les États-Unis rassembleront leurs activités militaires en Afrique (sauf en Égypte) sous un seul commandement. Leur objectif : le contrôle complet des matières premières africaines.


La décision a été dévoilée au début de ce mois et montre bien l'importance stratégique de l'Afrique pour les États-Unis. C'est la première réorganisation de la structure de commandement de l'armée américaine sur le plan mondial depuis 1946. La nouvelle structure a été baptisée African Command et reprend une partie des tâches de l'EUCOM, le commandement installé à Stuttgart.

Au cours de la dernière période de préparation, la part des opérations dirigées en Afrique par l'EUCOM est passée de presque rien en 2003 à 70% en 2006 [1]. La majeure partie de ces activités se déroule en Afrique occidentale et plus précisément dans le golfe de Guinée, entre la Côte d'Ivoire et l'Angola, une région riche en pétrole. Le gouvernement américain s'attend à ce que 25 % des importations américaines en pétrole viendront de cette région, vers 2015 (19 % aujourd'hui). Entre 1995 et 2005, les grandes compagnies pétrolières américaines ont investi plus de 40 milliards de dollars, dans cette région. Entre 2005 et 2010, 30 autres milliards sont encore prévus [2]. Le pétrole est une première raison importante de l'accroissement de l'intérêt stratégique de l'Afrique.


La Chine inquiète les USA.

Une seconde raison, c'est la présence accrue de la Chine en Afrique, comme le disent les experts américains du Council on Foreign Relations : « La Chine a modifié la situation stratégique de l'Afrique. Sur tout le continent, elle est en quête de richesses naturelles, elle dame le pion aux entreprises occidentales dans les grands travaux d'infrastructure, elle fournit des prêts avantageux [3]. » Actuellement, plus de 25 % des importations chinoises en pétrole viennent déjà d'Afrique. Ces dernières années, le commerce entre la Chine et l'Afrique a triplé, passant à 37 milliards de dollars, faisant de la Chine le troisième partenaire commercial de l'Afrique après les États-Unis et la France [4].

L'African Command doit aborder de façon plus centralisée et plus efficace la présence militaire en Afrique, de façon à multiplier et faciliter désormais des expéditions militaires comme celle qui a eu lieu en Somalie, voici quelques semaines, lorsque des avions américains ont mitraillé des centaines de paysans somaliens dans le vain espoir d'éliminer trois (3 !) membres d'al-Qaïda.

Mais, avec la mise en place de l'African Command, les dirigeants américains ont encore de plus grandes ambitions. Une étude de l'armée américaine sur ce même African Command constate : « Ce qui manque aujourd'hui, en Afrique, c'est un mécanisme continental de stabilisation. Plusieurs tentatives ont bien été faites pour mettre sur pied des organisations régionales, comme la Communauté économique des États ouest-africains (ECOWAS) ou l'Union africaine. Mais ces organisations ont été marginalisées vu l'absence d'un soutien solide de la part des pays développés. Les Nations unies essaient sans y parvenir d'unir le monde pour aborder les grands problèmes de sorte que l'Afrique puisse aller au devant d'un avenir pacifique. » L'étude conclut : « La meilleure façon de montrer au monde que les États-Unis sont vraiment en phase avec l'Afrique consiste à installer un Commandement africain comme seule structure de commandement pour l'ensemble du continent africain [5]. »

Le général Jones, qui a préparé la mise en place de l'African Command, a constitué un groupe d'étude à Stuttgart. Quinze agences et services du gouvernement américains, de même que la chambre de commerce américaine pour l'Afrique, y ont participé. « Le combat du 21e siècle en Afrique consistera à coordonner tous les éléments pouvant avoir une influence nationale. » Autrement dit, l'African Command de l'armée américaine devient non seulement le chaînon central du contrôle militaire de l'Afrique, mais aussi celui du contrôle politique et économique du continent.



Nigeria : Résistance croissante à la domination américaine.


Avec ses 137 millions d'habitants, le Nigeria compte à lui seul un cinquième de toute la population africaine. L'espérance de vie y est de 44 ans, soit 2 ans en dessous de la moyenne africaine. D'après la Banque mondiale, la part des familles dans la consommation nationale a baissé, passant de 73 % en 1985 à 40 % à peine en 2005.


Le Nigeria est le principal producteur de pétrole en Afrique. Les compagnies pétrolières y font d'énormes bénéfices, mais la pauvreté du pays s'accroît sans cesse [6] .

Le Nigeria prend à son compte 40 % du total des exportations pétrolières africaines aux États-Unis. Le pays compte plus de 300 champs pétrolifères, 5284 sites de pompage, 7000 km de pipelines et 10 terminaux pour l'exportation. La croissance de ce secteur pétrolier a commencé dès 1970, après une guerre civile meurtrière. On s'attendrait donc à ce que le pays connaisse une prospérité croissante. Mais c'est tout le contraire : seuls ont grimpé les chiffres des bénéfices des grandes sociétés pétrolières et de leurs complices locaux. 85 % des revenus du pétrole au Nigeria vont dans les poches de 1 % de la population. Les 99 autres s'enfoncent dans une misère croissante.

Entre 1970 et 2000, le nombre de Nigérians vivant avec moins de 1 dollar par jour est passé de 19 à 90 millions. Dans les « riches » régions pétrolières du pays, il y a 1 médecin pour... 150.000 habitants.

La résistance de la population des zones d'exploitation pétrolière du Nigeria gagne en ténacité et en violence. Entre 1998 et 2003, il y a eu 400 actions contre les installations pétrolières. Cela va de manifestations, blocages, occupations et grèves, à des attentats et des actes de sabotage. Les compagnies pétrolières y perdaient annuellement un milliard de dollars. Fin 2005, les représentants politiques de la population ont quitté les négociations sur la répartition et l'utilisation des rentrées de l'exploitation pétrolière. Depuis le début 2006, un groupe militant, le Movement for the Emancipation of the Niger Delta (MEND), organise des enlèvements systématiques d'employés étrangers de compagnies pétrolières. Début 2006, la production de 630.000 barils par jour était menacée. Depuis 2003 déjà, l'armée américaine assure un programme d'entraînement très complet des troupes nigérianes. Il y a un accord de collaboration pour la protection des installations pétrolières. Et, dans le cadre de cette collaboration, les États-Unis ont également acheminé des navires patrouilleurs dans les régions productrices de pétrole.

Le journaliste Michael Watts conclut : « La perspective de la militarisation américaine du sud afin de protéger les champs pétrolifères et du nord pour contrôler la terreur islamique est la recette idéale pour une violence politique massive. Le Nigeria pourrait très bien être le prochain Irak. »

Tony Busselen


- Source : Solidaire www.ptb.be


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 06:29

Modifié le mercredi 18 novembre 2009 09:40

Exploitation : Comment les entreprises françaises pillent l'Afrique

Exploitation : Comment les entreprises françaises pillent l’Afrique
La colonisation de l'Afrique avait notamment pour objectif l'exploitation des matières premières du continent qui, transformées en métropole (NB. Africamaat a l'habitude d'éviter ce mot « métropole » et lui préfère « France hexagonale »), permettaient la satisfaction des besoins de celle-ci et l'enrichissement de ses entreprises, tout en procurant à ces dernières d'importants débouchés. Si nombre de leaders indépendantistes ont remis en cause ce « pacte colonial », l'Etat français a tout fait pour torpiller ces revendications et progressivement créer les conditions institutionnelles du maintien de la tutelle économique sur les Etats nouvellement indépendants et ainsi préserver les sources d'approvisionnement des entreprises françaises. « Notre ligne de conduite, c'est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c'est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découvert ou que nous découvrirons » :D e Gaulle, le 5 septembre 1961. Hier comme aujourd'hui, il y a une association étroite entre la haute administration française et l'oligarchie financière : l'homme politique et l'homme d'affaires.

La perpétuation du « pacte colonial » repose depuis 1960 sur : la mise à la tête des pays africains de dirigeants fidèles à la France et qui partagent avec elle la rente liée à l'aide au développement et au pillage des ressources naturelles, des accords de coopération économique, financière et monétaire qui lient la France avec ses anciennes colonies (en plus d'accords politiques, militaires et de défense), des accords sur les matières premières stratégiques (pétrole, uranium, phasphate...) assurant un accès exclusif aux entreprises françaises, des prix des matières premières fixés par la France, en dessous des cours mondiaux, une aide dite « liée » : la France finançant des projets d'aménagement à condition que leur mise en ½uvre échoit aux entreprises françaises, le Franc Cfa qui permet de contrôler les politiques monétaires des pays de la zone franc, des interventions plus ou moins directes lorsque les intérêts français sont menacés : assassinat d'Olympio au Togo en 1963 qui voulait sortir de la zone Franc. Coup d'Etat contre Amani Diori au Niger en 1974 qui voulait revaloriser le prix de l'uranium. Financement de la guerre au Congo-Brazzaville en 1997 et renversement de Lissouba qui voulait renégocier le prix du pétrole, des économies africaines spécialisées dans l'exportation de matières premières avec absence de transformation sur place, la captation des marchés africains grâce aux Plans d'ajustement structurels du Fmi qui poussent à la libération des économies, la signature d'Accords de partenariat économique (Ape) avec l'Ue qui favorisent l'ouverture des frontières aux produits européens bénéficiant parfois de subventions de l'Ue (concurrence déloyale).

La spirale de la dette qui est gérée par le « Club de Paris » (NB. Il est clair pour Africamaat que c'est l'Europe et en particulier la France qui est débitrice. La «dette » n'est pas africaine mais européenne, et surtout française : esclavage, razzias négrières, colonialisme, néo-colonialisme, françafrique, mafiafrique)

« Economiquement, la France n'a pas besoin de l'Afrique » ?

Contrairement à la déclaration de Nicolas Sarkozy, l'Afrique représente une part non négligeable dans le commerce extérieur français. Les chiffres, Afrique = 5,5% des exportations et 4,5% des importations françaises, ne permettent pas d'avoir une vision globale pour mesurer l'importance de l'Afrique pour les entreprises françaises. Le volume des échanges ne rend pas, par exemple, compte de leur rentabilité. Ainsi en 2000, les entreprises françaises ont réalisé presque autant de bénéfices sur les exportations à destination de l'Afrique (40 milliards de francs) que sur les exportations vers les Usa (50 milliards de francs) pour un volume d'exportation quatre fois inférieur (150 milliards de francs contre 600). La rentabilité serait de 5% seulement dans l'eau potable, autrefois très profitable, mais de 13 à 15% dans l'électricité et de 20 à 25% dans les télécommunications.

L'équipe de Sarkozy à l'assaut des marchés africains.

La vente, chapeautée par Nicolas Sarkozy, d'un réacteur nucléaire au dictateur libyen Mouammar Kadhafi, l'inauguration d'une nouvelle plate-forme pétrolière Total au Congo par Alain Joyandet, ou encore la visite de Nicolas Sarkozy en Angola (mai 2008) ont rythmé la « diplomatie business ». Premier producteur de pétrole brut africain, cinquième producteur mondial de diamants, l'Angola avec plus de 24% de croissance en 2007, représente sans aucun doute pour Nicolas Sarkozy, un partenaire de choix pour la France. Autour du président en visite officielle, une délégation « diplomatique » composée d'une kyrielle de grands patrons venus signer des contrats pour une prédation à la française, très diversifiée : Total pour le pétrole, Thalès pour les télécommunications, Castel et ses brasseries. Egalement du voyage : la Société générale, Air France et bien sûr le groupe Bolloré.


Les poids lourds du Cac 40 ou les plus grandes fortunes de France sont présents en Afrique : B. Arnault (Lvmh), Bouygues, Bolloré, Pinault (Cfao), Seillière (Bureau Véritas), J. Saadé (Cma-Cgm), R. Zaleski (Eramet), Lafarge, Total, Technip, Vinci, Véolia, Bnp Paribas, Natexis, Crédit agricole, Alcatel, Gaz de France, Michelin, Alstom, Air-France-Klm, ... liste non exhaustive à laquelle il faudrait rajouter les marchands d'armes par exemple.

Source :Association SURVIE
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 06:12

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:49